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Traversée La Trinité les Açores sur l’IMOCA NEWREST MATMUT

A 40 jours du départ du Vendée Globe, il est temps que je vous donne un aperçu d’une navigation sur l’Imoca de Fabrice Amedeo, Newrest Matmut !
Fabrice m’a emmené de la Trinité sur Mer aux Açores le 1er mai dernier en convoyage du bateau vers New-York !
Merci Fabrice !
Départ à 21 heures 30 de la Trinité après un dîner au repaire des marins : le Quai.
Pétole jusqu’à Belle Ile. Puis 30 noeuds de vent, voir 35 ; ça secoue dur dans l’Imoca !
En moins de 24 heures, nous sommes au Cap Finisterre, au large de l’Espagne, alors qu’il faut plus de 3 jours avec un voilier de croisière !
La mer est relativement clémente mais le vent souffle à plus de 25 noeuds, vitesse que le bateau atteint fréquemment.
Confort spartiate, un coussin rempli de billes de polystyrène m’a été alloué pour de courtes siestes.
A chaque virement il faut se déplacer car on bascule le satellite d’un bord sur l’autre.
Le satellite, c’est la couchette du skipper avec l’ordinateur et une sorte de vaste cosy dans lequel sont rangées des tonnes de choses utiles.
Au large, c’est magique, indescriptible. C’est peut-être comme flotter en apesanteur ?
Par chance la mer n’est pas trop formée. Le bateau atteint aisément les 25 noeuds. C’est très impressionnant lorsqu’on regarde l’arrière !
La nuit c’est autre chose. La longueur du bateau (18 mètres) empêche la visibilité à l’avant et 15 ou 20 noeuds la nuit c’est très impressionnant.
A l’intérieur, il faut être épuisé ou avoir un sommeil de plomb pour dormir. Le bruit de l’eau contre la coque en carbone est très important tout comme les vagues qui submergent le pont. Heureusement pour ceux qui sont dehors, il y a la casquette réglable qui permet de se protéger.
Et les conditions de vie ?
Pour l’eau, il y a 2 dessalinisateurs, dont 1 de secours. Relié à une bouteille de 5 litres, on dispose d’une eau buvable et utile pour faire chauffer les plats lyophilisés...sur le minuscule réchaud de camping.
Et les toilettes ? Il s’agit d’un sceau, qui sert également de second siège lorsqu’il est retourné, que nous sommes dans le cockpit et sous pilote automatique.
Mais revenons à la navigation.
Inutile d’insister sur les lumières du petit matin et les couleurs du ciel au coucher de soleil... mais le matin on a un sentiment de libération, surtout lorsque les dauphins nous accompagnent jouant le long de l’étrave.
On a quitté les cargos qui, s’ils constituent une distraction nocturne, représentent de réels dangers car bien que l’AIS (le système de repérage automatique couplé à la VHF) soit obligatoire, certains l’éteignent de sorte qu’on ne peut que les repérer visuellement. C’est très impressionnant de voir sur l’écran de l’ordinateur le point et l’heure exacte de rencontre avec le cargo.
Nous aurons passé 5 jours et 6 nuits avant de voir le jour se lever sur l’archipel des Açores. Moment magique mélé de nostalgie à l’idée d’avoir quitté le large !
Le capitaine du port nous accueille avec beaucoup de sympathie.
2 heures plus tard, j’embarque dans l’avion qui me ramène à Paris via Lisbonne.
Retour à la civilisation.
En tout cas, si j’y suis invité, c’est sûr j’y retournerai !
Stéphane Bachot